28/02/2011

Moi je ne vis qu'en liberté ! par Esméralda Romanez.-- 29 aout 1999

 

Moi je ne vis qu'en liberté ! par Esméralda Romanez.-- 29 aout 1999

 

 

 

                 BOHEMIENNE                        

 

            Gadjo, je ne suis qu'un oiseau,                

esmeralda.jpg

           Qui voudrait s'envoler très haut,       

           Migrer vers de lointains pays            

           Histoire de connaître l'Asie.           

 

           Gadjo, je ne suis qu'une gazelle      

           Qui voudrait bondir, douce et frêle   

           Hors de tes rêves sans te blesser...  

           Tu n'as pas su m'apprivoiser !        

 

           Gadjo, jamais tu ne pourras            

           m'interdire de partit là-bas                

           Admirer d'autres horizons,                 

           Il faut que tournent les saisons !         

  

           Gadjo, je ne suis pas pour toi,            
       

           C'est en la nature que je crois            

           Tu as pour devise : LIBERTE              

           EGALITE, FRATERNITE....      

 

           Moi je ne vis qu'en liberté !               

           On me refuse l'égalité,                     

          La fraternité et l'amour...                  

          Heureusement, j'ai de l'humour.         

 

          Gadjo, ta vie n'est pas la mienne !

          Je resterais une bohémienne,          

          Parcourant les chemins de France      

          En implorant la tolérance !               

 

         Esméralda Romanez 29 Aout 1999                   

 

 

                                       

                                                                                                                          drapeau rom.jpg

 

       

22:29 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

25/02/2011

La Rafle (en streaming vidéo). -- (ALLOMOV.COM)

infos du film La Rafle en streaming

Genre : 
Drame 
Acteurs : Mélanie Laurent,Jean Reno,Gad Elmaleh,Raphaëlle Agogué 
Tags: 


 

La rafl

23:48 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

ROMANISTAN partie 1: FRANCE -- (Guy-Laurent Winterstein)


Il s'agit de la première partie d'un documentaire qui suit les Roms (manouche) de la France, les Doms d'Israël et le Banjara de l'Inde.

Écrit et réalisé par Guy-Laurent Winterstein

ROMANISTAN partie 1: FRANCE

22:54 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

22/02/2011

Sur Facebook aussi, on n’aime pas les Roms. -- (balkans.blog.le.monde).

 

Sur Facebook aussi, on n’aime pas les Roms

11:53 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

21/02/2011

En savoir plus sur les villages d'insertion Roms. -- (Saintdenismaville.com)

 

 

En savoir plus sur les villages d'insertion

Roms

15:52 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

16/02/2011

LES ROMS -- (Le Routard)

Gitans, manouches et tsiganes: la route du rom

© Marcel VilleC’est le peuple nomade que les Européens connaissent le mieux. Du moins le pensent-ils. Car, finalement, que savons-nous des Roma ? Des Roma ? 

Voilà déjà une information aussi méconnue qu’essentielle. Il s’agit de la nomination officielle de l’ensemble des groupes romane (adjectif, romano au singulier). Un Rom, une Rommi, des Roma. C’est ainsi qu’il faut s’exprimer depuis 1971, lorsque des gitans du Sud, des manouches du Nord et des Tsiganes de l’Est, réunis en congrès mondial, ont fait accepter le terme Rom auprès de l’ONU. A ne pas confondre avec l'expression "gens du voyage" qui est purement administrative. 

Cette nation pas comme les autres a commencé à parcourir les routes d’Europe au Moyen Âge. Ses racines se trouvent en Inde où existent encore aujourd’hui des peuples nomades. Traversant durant plus de cinq siècles un continent où l’on est très attaché à la terre, où les populations ont oublié leurs origines nomades – les homo sapiens sapiens ne possédaient pas de champs clos, ni de villa « sam’ suffit » à ce que l’on sait –, les Roms (nous franciserons ici le terme « Roma ») ont subi milles avanies. Y compris une tentative d’extermination de la part des nazis. D’ailleurs, l’ostracisme dont ils sont encore victimes continue de leur causer de sérieux problèmes.

Pourtant, certaines de leurs activités leur valent les plus beaux compliments qui soient, à commencer par leur pratique de la musique. Le flamenco gitan, le swing manouche de Django Reinhardt, les chanteurs de cabaret et les ensembles tsiganes enivrent les fêtards de toute l’Europe depuis longtemps…

Incarnant une certaine idée de la liberté, le Rom a autant fait rêver le gadjo(celui qui n’est pas rom) qu’il l’a effrayé. Ce dossier ne se veut ni flagorneur, encore moins diffamatoire. Il se propose de vous fournir les clés de la roulotte.

Les origines
Les caractéristiques 
Entre ostracisme et reconnaissance
Pour en savoir plus

Dossier rédigé par Michel Doussot, illustré par les tableaux de Marcel Ville, artiste et historien du peuple gitan

Les origines

Préambule : question de vocabulaire

Attention aux amalgames qui jettent l’opprobre sur toute une communauté ! Il ne faut pas confondre les gens du voyage, les tsiganes et les Roms. 

- Les gens du voyage : il s’agit d’un terme administratif, qui désigne les individus vivant en France de façon nomade. Dans la majeure partie des cas, il s’agit de Français vivant dans des caravanes ou des mobil-homes. Ils sont munis d’un livret de circulation qui doit être visé tous les trois mois. 

- Les Tsiganes : Les gens du voyage en France se sont regroupés pour créer l’Union française des associations tsiganes. Ce mot recouvre toute la diversité des gens du voyage, dont certains sont français depuis des siècles : manouches, bohémiens, romanichels ou gitans. Pour en savoir plus sur les différences entre ces groupes

- Les Roms : En France, le terme "Roms" renvoie à des populations originaires d’Europe de l'Est : Roumanie, Bulgarie et Hongrie. Ce terme a une dimension ethnique. Les Roms ont émigré en France pour fuir des discriminations et chercher du travail. Depuis l’entrée de la Roumaine et la Bulgarie dans l’Union européenne en 2007, les Roms peuvent se déplacer librement sur tout le territoire de l’UE. Toutefois, une circulaire du 1er janvier 2007 restreint leurs droits de circulation et de travail au sein de certains pays Européens jusque fin 2013. Ils peuvent être donc expulsés de France, mais rien ne les empêche de revenir sur le territoire par la suite. Bref, les "gens du voyage" ne sont pas uniquement des Roms...

Mais d’où viennent-ils ?

© Marcel VilleLa question a occupé l’esprit de bon nombre d’observateurs pendant des siècles. On les a dits originaires de Palestine, les identifiant comme étant issus d’une des tribus d’Israël. Certains ont affirmé qu’ils venaient d’Éthiopie, d’autres d’Égypte, où, jurait-on, ils avaient construit les pyramides aux temps pharaoniques. Non, ce sont les survivants de l’Atlantide, rétorquaient les plus allumés.

Linguistique

Grâce à elle, on a trouvé au moins une partie de la solution à la fin du XVIIIe siècle. La langue rom est de famille indo-européenne, héritière du sanscrit et proche des idiomes parlés en Inde. C’est donc dans cette région que le peuple rom s’est constitué. Quant à savoir s’il a préexisté avant son grand départ pour l’Occident ou s’il s’est formé à cette occasion, personne ne peut le dire.
Il n’empêche que l’on trouve des similitudes entres les Roms et les Gadolia Lohars, nomades forgerons du Rajasthan qui se déplacent à bord de chars à bœufs dans toute l’Inde du Nord. On ne saurait non plus guère expliquer avec certitude pourquoi les Roms ont pris la route voilà près d’un millénaire. Pour information : le nom « Roma » viendrait selon certains de Rama, un héros légendaire indien dont le destin fut de s’exiler.

D’Inde à Byzance

Des chroniques de la fin du Xe siècle mentionnent l’arrivée des Roms en Iran. Une partie d’entre eux serait repartie vers l’Orient, tandis qu’une autre aurait joint le Caucase. Un troisième groupe a pris la route de l’empire byzantin, un des confins de l’Europe.

Gitans, bohémiens, manouches...

C’est une contrée que l’on situe en Grèce byzantine. Les premiers Roms arrivés en Europe occidentale s’en disaient originaires. On les a donc nommés Égyptiens et, par déformation, gitanos, gitans, gipsies
Ailleurs, parce qu’ils étaient passés par la Bohême, on les qualifia logiquement deBohémiens.
En Allemagne, certains se présentaient simplement comme des êtres humains,manush dans leur langue, ce qui a donné le terme « manouche ». L’appellation « sinti » en vigueur en Italie vient de Sindh, nom d’une région indienne. 
Quant à tsigane, ou « zingari », l’expression découle du grec « athinganos », ce qui signifie « ceux qui ne se touchent pas », car les Roms se saluaient en tenant les mains jointes. 
Enfin, les expressions « romanichel » et « romano » usitées en France découlent bien sûr de roma. Dans ce même pays, on dit maintenant « gens du voyage », définition administrative apparue à la fin du XXe siècle.

Un nouveau départ vers l’Ouest

© Marcel VilleDepuis Byzance, les Roms reprennent la route au XVe siècle. Ils passent par la Hongrie, les terres germaniques, puis arrivent en France, via la vallée du Rhône. 
Certains poursuivent en direction de la Catalogne et de l’Andalousie quelques décennies avant que ne disparaissent les derniers royaumes arabo-berbères. Au XVIe siècle, les voici au Portugal, en Russie, en Angleterre et en Scandinavie.

Les premiers arrivés en France

Ils sont munis de sauf-conduits signés de princes d’Europe centrale, dont celui de Bohême. On leur fait bon accueil. Les populations sont intriguées par ces vagabonds organisés en compagnies dirigées par un capitaine. Leur teint de peau très foncé, leurs mœurs, leur cuisine, leurs tenues bariolées, les services qu’ils proposent... Tout cela séduit ou rebute, c’est selon.
Se disant chrétiens, ils jouissent un temps d’une bienveillance de principe. Mais, en tant que nomades ne cherchant pas à se sédentariser, ils sont de plus en plus mal perçus, notamment dans les campagnes.

Les caractéristiques

Les métiers

© Marcel VilleIls sont souvent en rapport avec la chose militaire, occupation qui fut importante aux premiers temps de la présence rom en Europe, selon les chroniqueurs du passé. Organisés en compagnies, des Roms se sont illustré sur tous les champs de bataille pendant environ deux siècles au cours des conflits européano-ottomans, des guerres de religion entre catholiques et protestants, au service de tel ou tel prince… Bref, ceux-là étaient des sortes de mercenaires. 

Parmi les occupations civiles, le dressage et le commerce des chevaux ont été importants dans la vie sociale et économique des Roms, notamment dans les Balkans occupés par les Ottomans. De ce côté du monde, certains restèrent attachés à de grandes familles en tant que domestiques.

La métallurgie est aussi une activité tenant une place considérable chez les Roms. Par exemple, beaucoup furent forgerons, chaudronniers, maréchaux-ferrants, professions pouvant se pratiquer aisément lorsqu’on est nomade. Sédentarisés, certains se sont spécialisé dans la récolte et le traitement de la ferraille. Il y eut aussi des colporteurs, des orpailleurs, des rempailleurs de chaises, des vanniers, des ouvriers agricoles saisonniers. Mais, à la différence de beaucoup de peuples voyageurs, les Roms n’ont jamais été ni bergers, ni conquérants.

Le spectacle

Dans tous les sens du terme, il a été et reste une activité très visible. Que sont les diseuses de bonne aventure, très recherchées lors des foires ou même sur le bord d’une simple route, si ce n’est des artistes du beau langage, et souvent fines psychologues ? Elles vous touchaient la main et regardaient droit dans vos yeux pour y lire ce qu’elles devaient raconter.

Variante : les praticiennes de la divination par les cartes de tarot. Autant de pratiques condamnées par les Églises catholiques et protestantes. On compta également de nombreux lutteurs et montreurs d’ours ou de singes chez les gens du voyage. L’art du cirque est né en grande partie en milieu rom, chez les sinti d’Italie. En France, on connaît bien les familles Bouglione et Zavatta. Nombre de Roms sont également devenus forains.

Adeptes du christianisme

Dans leur majorité, les Roms ont au cours de leur histoire adopté la religion des pays dans lesquels ils circulaient ou s’installaient. On a cependant noté que dans les Balkans, lors de l’occupation ottomane, les nomades étaient musulmans et les sédentaires chrétiens orthodoxes – ce qu’ils sont toujours. Manouches, sintis et gitans sont catholiques – beaucoup se retrouvent chaque année en mai aux Saintes-Maries-de-la-Mer en Camargue, afin de célébrer Sainte Sarah. Depuis le XXe siècle, l’évangélisme pentecôtiste fait de grands progrès dans les communautés roms.

Les roulottes

Avec petite cheminée, fenêtre et volets, elles sont apparues seulement au XIXe siècle. Elles ont été remplacées ensuite par de grandes caravanes accrochées à de puissantes automobiles, la marque Mercedes étant très prisée. Auparavant, les Roms nomades circulaient à bord de chariots bâchés que tiraient des chevaux ou des bœufs. Lors des étapes, ils logeaient sous des tentes ou dans des grottes.

La cellule familiale

La cellule familiale rom est traditionnellement dirigée par le père. On attend de la mère qu’elle donne beaucoup d’enfants. Plus une famille est nombreuse, plus elle est considérée comme bénie de Dieu. On se marie, mais pas forcément à l’Église ou à la mairie.

Les danses et musiques

© Marcel VilleIls ont été et restent les meilleurs passeports des gipsies. On s’est souvent posé la question de savoir s’il existait une musique typique de l’entité rom. En réalité, on ne peut que constater que les artistes tsiganes ou gitans se sont en fait adaptés aux traditions des pays d’accueil. Ils ont mélangé ces dernières à d’autres, entendues ailleurs, et certainement à un vieux fonds indien conservé de génération en génération. Les genres les plus connus se sont développés là où des Roms ont se sont installés à demeure. L’association danse-rythme-musique est essentielle. Que l’on songe simplement au flamenco. Il n’est pas de musique rom sans partage, sans que l’assistance ne se fasse d’une manière ou d’une autre participante. Les contrastes sont saisissants : lenteur , rapidité, douceur , fureur. Les voix sont toujours éraillées et plaintives.

La musique tsigane trouve son origine dans les vieilles traditions balkaniques, ottomanes, slaves et hongroises. C’est dans ce terreau mouvant qui, en certains points, changea souvent plusieurs fois d’occupants, que l’on a poussé les premières complaintes qui font aujourd’hui les délices des amateurs éclairés de musiques du monde. L’engouement a commencé très tôt auprès des princes et des compositeurs (des romantiques comme Lizst aux modernes du XXe siècle tels que Bartok) qui se pâmaient d’admiration devant les nombreux virtuoses tsiganes – notamment les violonistes. Figurant parmi les premiers artistes d’un proto-show-business, les musiciens tsiganes se sont répandus dans toute l’Europe de l’Est et en Russie. Se produisant dans les cabarets, les solistes, orchestres et danseuses ont charmé des millions de spectateurs. Aujourd’hui encore, ce sont des Tsiganes qui animent les soirées des grandes villes de même que les bals, mariages et enterrements des campagnes. À noter : le cousinage qui lie musiques tsiganes et klezmer, le folklore des juifs d’Europe orientale.

Le flamenco est apparu à la fin du XVIIIe siècle en Andalousie. Un cri modulé en lamentations d’hommes et de femmes accompagnés de guitaristes et de percussionnistes usant parfois d’un marteau et d’une enclume… Les puristes nomment cette musique canto jondo, chant profond. Elle est le fruit d’une combinaison de plusieurs traditions : celle des origines indiennes, les pratiques judéo-arabo-berbères andalouses et l’art de la romance venu du Nord de l’Espagne, notamment les villancicos. C’est dans les cafés cantantesdes gitanerias, quartiers gitans, que se sont fait connaître les premiers artistes du genre. Des danses presque statiques sont le complément indispensable de cette musique. Celle-ci bouleverse surtout lorsque se fait sentir le duende, cet état d’âme indéfinissable proche de la transe. Aussi, la polémique est dès le départ présente. Le flamenco en tant que spectacle rémunéré est considéré comme nul par les aficionados purs et durs. Pourtant, si le genre, longtemps mal perçu, s’est finalement imposé au plus grand nombre, ce fut grâce à des vedettes comme Carmen Amaya ou Camaron, ainsi que grâce à la reconnaissance de musiciens savants tels que Manuel de Falla.

La rumba gitane est souvent confondue avec le flamenco. Il s’agit d’un mélange de rythmes afro-cubains et de traditions andalouses inventé au milieu du XXe siècle dans les quartiers gitans de Madrid, Barcelone et Perpignan. Les Gipsy Kings, groupe des années 1980, en ont été les plus dynamiques propagateurs à travers le monde.

Le jazz manouche. Django Reinhardt (1910-1953) est la figure majeure de ce genre récent, éclos dans les années 1930 à Paris. C’est un guitariste manouche, issu d’une famille de l’Est de la France. Il se passionne pour la musique moderne du moment, le jazz, en même temps que d’autres Roms guitaristes, tels que les frères Ferret, des gitans catalans. Ces adeptes du swing nord-américain rencontrent des artistes spécialisés dans le genre musette (mélange de traditions auvergnates et italiennes), comme les accordéonistes Jo Privat et Gus Viseur ou des interprètes formés à la musique classique à l’instar du violoniste Stéphane Grappelli. On voit ce que l’émergence du style jazz manouche doit au brassage des cultures à l’œuvre dans la capitale et ses faubourgs. L’héritage du guitariste est toujours très vivace. Ses descendants directs, ainsi que de nombreux manouches, authentiques ou d’adoption, perpétuent son style dans toute l’Europe du Nord. À Samois, en Seine-et-Marne, là où Django a fini sa vie et est enterré, un festival réunit chaque année en juin musiciens et admirateurs du génial guitariste.Entre ostracisme et reconnaissance

Réputation en Europe

© Marcel VilleLe nomadisme n’a pas bonne réputation en Europe, ensemble de contrées où l’on est extrêmement attaché à la terre nourricière. Cependant, le continent a toujours été traversé par des voyageurs : colporteurs, travailleurs en quête d’emploi, saisonniers, pèlerins… Ainsi en France, voyait-on les maçons de la Creuse ou les ramoneurs savoyards prendre la route pour trouver à s’employer dans les villes. Il existe aussi des communautés nomades non roms, tels que les Yéniches dans les pays germaniques, les Tinkers, dans îles britanniques et les Fanters en Scandinavie, en plus des Sami (Lapons). 

Comme les autres « errants », les Roms ont donc eu à subir les effets de la méfiance et de la rumeur. Si aux premiers temps de leur présence, il semble qu’ils ne furent pas spécialement mal vus, vers le XVIIe siècle, la présence des compagnies, armées ou pas, devient problématique dans toute l’Europe. 

En France, en Hollande et en Suisse, on offre une prime pour la capture des bohémiens. Nombre d’entre eux sont envoyés aux galères. De plus, on décrète qu’il est interdit de commercer avec eux. En Espagne, l’Inquisition commence à leur faire la chasse. En Roumanie, ils sont mis en esclavage – cela durera jusqu’au milieu du XIXe siècle. D’une manière générale, les puissances coloniales essaient de les déporter dans leurs possessions américaines au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. Aux XIXe et XXe, la France impose un contrôle policier draconien aux Roms. Pour circuler sur le territoire, il leur faut faire viser une sorte de passeport auprès des autorités locales. Aux Pays-Bas, ils sont tous expulsés après une chasse dans le pays.

La sédentarisation forcée

Elle représente le principal acte répressif des gouvernements. Dès le XVI e siècle en Espagne, on oblige les gitans à se fixer, sous peine d’être expulsés comme les Maures et les Juifs. Au XVIIIe, leur bannissement est décrété, mais n’est pas suivi d’effet, les populations espagnoles manifestant leur solidarité. À la même époque, en Russie et en Europe de l’Est, on leur interdit tout déplacement ou on les déporte dans des régions périphériques comme la Crimée.

Calomnie et peur

Lorsqu’on évoque les Roms, la calomnie et la peur règnent en maître dans l’esprit des Européens. En Europe centrale, on les a accusés de cannibalisme au XVIIIe siècle, à tel point que des Tsiganes ont été torturés et exécutés pour ce motif. Il a également été dit que les clous du Christ furent forgés par un Rom. Voleurs d’enfant, sorciers… De quoi ne les a-t-on pas traités ? Plus généralement, et encore aujourd’hui, ce sont la mendicité, les chapardages et autres petits trafics dont se rendent coupables tous les nomades, roms ou pas, qui ont pu excéder les gadje.

Le Poraimos

C’est ainsi que les Roms nomment les crimes dont ils furent victimes durant la Seconde Guerre mondiale de la part des nazis. Ce régime a, comme on le sait, établi d’ineptes critères raciaux. Même en suivant la « logique » des autorités allemandes d’alors, on reste sidéré par leur bêtise. En effet, l’origine indo-européenne des Roms en faisait des aryens pure souche ! Pour que les nazis puissent commettre leur crime contre l’humanité, il a fallu que de pseudo-scientifiques inventent le fait que s’étant tellement métissés, les Tsiganes n’étaient plus… eux-mêmes. 

Les actes suivirent ces délires et ce ne fut pas une plaisanterie. Déportés, soumis au travail forcé et aux expérimentations prétendument médicales, ils furent, estime-t-on, un demi-million à mourir des suites de persécutions en Allemagne et dans les pays satellites. Dans les camps de concentration et d’extermination, un grand massacre eut lieu en 1944. En France, les Roms furent internés dans des camps et quelques convois partirent à l’Est.

Après-guerre

© Marcel VilleLa situation des Roms ne s’améliore pas significativement. Les difficultés de circulation continuent pour les nomades. Pour tous, la ségrégation reste de mise. Dans certains pays, on stérilise les femmes de force, on se livre à des ratonnades, surtout en Europe de l’Est où les Roms sont nombreux.

Aujourd’hui

Majoritairement sédentaires, les Roms européens seraient aujourd’hui 15 millions, un tiers d’entre eux se situant dans les pays de l’Est – des communautés importantes existent aussi aux États-Unis et au Mexique. Des droits sont reconnus en Europe, mais ils restent de principe.

En France, les nomades ont régulièrement des difficultés à poser leur caravanes quelque part, même si, le fait est notable, des espaces sont réservés aux gens du voyage dans un certain nombre de communes. Depuis 1990, la loi Besson (Louis Besson, PS, rien à voir avec le ministre de l'immigration actuel) oblige les communes de plus de 5 000 habitants à réserver des terrains aux gens du voyage. Mais moins de la moitié des communes respectent la loi. Les gens du voyage s’installent souvent où ils peuvent. Et, quand de Roumanie ou de Bulgarie, des Tsiganes affluent, on procède à des expulsions sans tendresse, même si leurs pays font partie de l'Europe.

Ne possédant pas de territoire, exempt de toute volonté de puissance économique ou politique, peuple sans langue commune (chaque communauté parle son dialecte, voire uniquement la langue du pays d’accueil), sans écriture ni drapeau jusqu’il y a peu... Les Roms ne peuvent guère peser dans les décisions qui sont prises la plupart du temps à leur place. Des instances de représentation se sont tout de même fait jour. Elles sont partagées entre deux options apparemment contradictoires, mais finalement conciliables : s’affirmer en tant que nation et s’intégrer totalement dans les sociétés qui les accueillirent dans le passé.

Pour en savoir plus

Livres

Deux synthèses parues en format poche :
Les Tsiganes, une destinée européenne, de Henriette Asséo, Gallimard, coll. Découvertes (n° 218), 1994. 
Les Gitans , de François Coupry, Milan, coll. Essentiels (n° 141), 1999.

Deux ouvrages sur les crimes dont les Rom ont été victime durant la Seconde guerre mondiale : 
La Persécution des Tsiganes par les Nazis, de Guenter Lewy, Belles Lettres, 2003.
Destins gitans, de Donald Kenrick et Grattan Puxo, Gallimard, coll. Tel, 1995.

En images
Tsiganes en Roumanie, texte de Bernard Houliat, photographies d’Antoine Schnek, Rouergue, 1999. 
Tsiganes, 1995-1998, photographies de Mathieu Pernot, Actes Sud, 1999. Un travail effectué dans la région d'Arles.

Rencontre avec les communautés tsiganes d’Europe centrale et orientale :
Enterrez-moi debout : l'odyssée des Tziganes, Isabel Fonseca, Albin Michel, coll. Latitudes, 2003.

Un classique de la littérature espagnole :
Romancero gitan, Poème du chant profond, de Federico Garcia Lorca, Aubier, coll. Domaine Hispanique, 1995.

Sur le flamenco : 
Le flamenco entre révolte et passion, de Bernardo et Gabriel Sandoval, Milan, coll. Essentiels (n° 119), 1998.
Les Tsiganes de Hongrie et leurs musiques, de Patrick Williams, Actes Sud / Cité de la Musique, coll. Musique du Monde (livre et cd), 1996.

Des publications pour essayer d’apprendre les secrets de Django :
Django Reinhardt, de François Billard et Alain Antonietto, Fayard, 2004.
Django, de Patrick Williams, Parenthèses, 1998.
Django Reinhardt - Tablatures pour guitare, de Marcel Dadi, EMF, 2003. 
Bloc notes guitare manouche, de Samuel Daussat et Django Reinhardt, Coup de pouce musique, coll. Methode Id Music (livre, cd et dvd), 2005.

Disques

Django Reinhardt
- Frémeaux & Associés a édité une « Intégrale Django Reinhardt » en vingt volumes. Ce label a également produit une excellente anthologie dans sa collection « The quintessence » (1994). 
- Trois autres bons florilèges ont paru en 2003, lors du cinquantième anniversaire du décès de l’artiste : « Django Reinhardt » (2 cd avec une bande dessinée d’Aurel, Nocturne, coll. BD Jazz), « 40 titres d’anthologie » (2 cd Capitol, 2003), « Les années Django » (2 cd BMG, 2003).

Films

Si la figure du « bohémien », souvent caricaturale, est fort répandue dans le cinéma depuis ses débuts, il a fallu attendre près d’un siècle avant que le Rom devienne un personnage à part entière. L’un des premiers films respectueux fut « J'ai même rencontré des tziganes heureux » tourné en Yougoslavie par Alexandre Petrovic (1967). 
De la même région est apparu le délirant Emir Kusturica dont au moins deux films mettant en scène des tsiganes sont mémorables : « Le temps des gitans » (1989) puis « Chat noir, chat blanc » (1998). 
Le français Tony Gatlif, lui-même Rom a traité plus d’une fois des drames et des joies de son peuple dans des films de fiction et documentaires (il mélange souvent les deux genres). Quelques titres : « Les Princes » (1982) évoque le problème de la sédentarisation, « Latcho Drom » (1992) fait le tour du monde des musiques rom, « Gadjo dilo » (1997) tourné en Roumanie projète un jeune français dans un village tsigane, « Vengo » (2000) s’intéresse au flamenco et « Swing » (2001) au jazz manouche.

Internet

Études Tsiganes
Site de la FNASAT - Gens du voyage (Fédération nationale des associations solidaires d'action avec les Tsiganes et les Gens du voyage). On trouve là une multitude d’informations.

Deux sites consacrés à la culture rom :
Cultures Tsiganes
Balval

Django Station
Site ouvert par des passionnés de jazz manouche.

Festival Django Reinhardt 
Site du festival qui se déroule tous les ans, fin juin, à Samois-sur-Seine (77).

                                       

drom.jpg

 




22:09 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

Les gens du voyage sont invités à partir. -- Courrier International

 

Les hostilités sont ouvertes entre les Roms et les autorités britanniques. En vertu d’une nouvelle loi, une communauté sédentarisée depuis longtemps risque d’être expulsée de son village improvisé, témoigne The Independent.

Les gens du voyage sont invités à partir

21:43 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

Janvier 44, des Tsiganes partent pour Auschwitz. -- (Nord-Eclair)

 

Janvier 44, des Tsiganes partent pour Auschwitz

                                                  

phpThumb_generated_thumbnailjpg.jpg

21:33 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

13/02/2011

CITE DU VATICAN, 13 fév 2011 (AFP) - Le pape déplore la mort "tragique" des enfants roms dans un incendie. -- (La Croix.com)

 

CITE DU VATICAN, 13 fév 2011 (AFP) - Le pape déplore la mort "tragique" des enfants roms dans un incendie

14:01 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

09/02/2011

dosta à Millau - on Dailymotion

 

dosta à Millau 


 

21:00 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

08/02/2011

Le film Liberté de Tony Gatlif diffusé au Parlement européen. -- (Daily Motion)

 

La députée européenne Catherine Grèze a invité Tony Gatlif au Parlement européen à l'occasion de la diffusion de Liberté. L'histoire de la famille tzigane qu'il met en scène dans ce film illustre celle de milliers de Roms persécutés par le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. De nombreuses personnes ont été protégées par des Justes en France comme les Juifs. Le lendemain de cette diffusion, le 2 février 2011, le Parlement européen reconnaît le génocide tzigane en séance plénière.

 

 

 

 

 

Le film Liberté de Tony Gatlif diffusé au Parlement européen

tony_gatlif_1.jpg


18:13 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

05/02/2011

News / Expert forum in Brussels discussed European Social Fund support for Local Employment Initiatives. -- (Amalip.com)

 

News / Expert forum in Brussels discussed European Social Fund support for Local Employment Initiatives

22:30 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

03/02/2011

Le Parlement européen commémore le génocide des Roms sous le nazisme. -- (AFP)

 

Le Parlement européen

commémore le

génocide des Roms 

sous le nazisme.


Camp-de-Montreuil-Bellay--Maine-et-Loir-.jpg

 

07:48 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |