07/06/2012

Condamnés à l’errance et à la pauvreté …


 

Baie Mare  ( judet Maramures – Roumanie)

 

Craica, Pirita et Garii sont trois des six quartiers informels de Baia Mare habités par des Roms. Dans ces trois  quartiers, la population vit dans des conditions inadaptées et n’a pas accès à des services essentiels tels que l’approvisionnement en eau et des installations sanitaires.

Environ 2000 Rroms sont en cours d d’expulsion forcée et leurs  maisons  (disons plutôt « abris ») seront détruites. La plupart se retrouveront à la rue et pas mal d’entre eux, faute de preuve d’enregistrement  d’identité à Baie Mare seront expulsés de la ville et renvoyés vers leurs villes d’origine ( ???)

Certains ont été « travaillés » pour accepter des solutions de relogement prônées par la Ville. Septante familles ont  accepté d’emménager dans les anciens bureaux de l’usine  CUPROM  spécialisée dans le traitement du cuivre. Les locaux ont été libérés à la hâte, ont été dotés de deux salles d’eau et de deux kitchenettes  sans que personne ne semble  s’être soucié  des risques liés aux résidus de métaux encore présents sur le site. 

L’important c’était que cette action soit connue de tous  avant les élections municipales (10 juin 2012) car le maire, Cătălin Cherecheş (cf. . communiqué 11/24 … « un nouveau mur de la honte se construit à Baie Mare. ») avait fait de l’évacuation du quartier Rrom de Craica son cheval de bataille pour sa réélectionDescription : destruction de logements roms

A la suite de ce déménagement forcé, le 1er juin, une dizaine d’enfants et d’adultes ont été transférés à l’hôpital après avoir ingéré des produits chimiques. Ces derniers auraient été laissés dans les armoires des locaux mis à disposition. Il est vrai que des membres d’ONG qui avaient visités les lieux avant l’arrivée des familles avaient signalés la présence de futs et autres récipients suspects  voués sans doute à décorer  ces lofts d’un genre nouveau.

Les ONG, Amnesty International et le CRISS  sont également préoccupées par les informations parues dans les médias selon lesquelles l’accès au bâtiment sera contrôlé, notamment à l’aide de caméras de surveillance et par des agents de sécurité.

Quant aux familles qui ont demandé une parcelle de terrain à la place d’un logement dans les locaux de la CUPROM, elles ont été informées qu’elles recevraient dans un premier temps des tentes militaires, jusqu’à ce qu’elles soient en mesure de construire elles-mêmes leur logement ou que les fonds soient débloqués pour la construction…

 

 

 

Et pendant ce temps …

 

Les Rroms bulgares restent au ghetto

Ce 24 avril 2012, La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné l'Etat bulgare pour avoir expulsé des Rroms de terrains municipaux sur lesquels ceux-ci vivaient sans autorisation. Les autorités n'ayant proposé aux Rroms aucune alternative d'accueil adaptée avant leur évacuation, la Cour y a vu une violation des droits de l'homme. La Bulgarie a désormais une raison de plus de laisser les Rroms dans leurs ghettos, estime le quotidien Trud : "Ce jugement est juste, mais il sera difficilement compris en Bulgarie. Avec cette décision, la CEDH condamne pratiquement les Rroms de Bulgarie à une existence éternelle dans les ghettos. Pour résoudre le problème des Rroms, l'Etat devrait puiser considérablement dans des caisses que les Rroms n'alimentent pas en règle générale. L'Etat pense pourtant aux Rroms juste avant les élections et quand il s'agit de solliciter des subventions. Ainsi se referme ce cercle vicieux."

 

Les Rroms de Rome ne savent plus où se mettre …

Depuis le 1er mai 2012, des  centaines de familles rroms sont prises au piège dans un cycle d'expulsions forcées en Italie. Des enfants, des hommes et des femmes vivant sur des sites d'installation informels sont expulsés quasiment chaque jour sans la moindre protection juridique. Bien souvent, ces expulsions forcées les laissent sans abri.

Même les Rroms qui vivent sur des sites où leur installation est autorisée ou tolérée risquent d'être expulsés illégalement. Le « plan nomades », qui prévoit la fermeture de plusieurs sites à Rome et à Milan, a été élaboré pour mettre en application l'« urgence nomades », un décret d'état d'urgence discriminatoire adopté en mai 2008. Bien que l'« urgence nomades » ait finalement été déclarée illégale en novembre 2011, les autorités sont toujours décidées à appliquer ce plan, au lieu de mettre en place des voies de recours pour les personnes dont les droits ont été bafoués notamment à travers une mise à l'écart dans des campements ne répondant pas aux normes, des expulsions forcées et l'affaiblissement de la sécurité d'occupation.

 

La France craint pour la sécurité des Rroms de Marseille …

Dans le calme, le matin du 23 mai, les policiers ont expulsé des Rroms installés depuis des mois  sur un terrain appartenant à Réseau ferré de France.

Originaires de Roumanie, 35 Rroms  occupaient un terrain situé au début de l'avenue des Aygalades, le long de la voie ferrée dans le 14e arrondissement de Marseille.

Description : http://medias.francetv.fr/bibl/url_images/2012/05/23/image_74036040.jpg 

Le propriétaire avait porté plainte et le tribunal administratif de Marseille avait décidé de l'expulsion des Rroms le 21 mars 2012 en spécifiant le danger lié à la circulation des trains. Le 23 mai,  les forces de l'ordre sont intervenues dès 8 heures pour appliquer la décision de justice.

 

Et à Bruxelles, on joue au Monopoly et on retourne à la case « Gare du Nord ». 

 

Une poignée de familles rroms slovaques ont fui il y a plusieurs mois la ville de Kosice où se multiplient les discriminations, la pauvreté et les violences racistes à l'encontre des Rroms. (Voir rapport 2012 de Amnesty international !) . A Bruxelles, non accueillies par FEDASIL, ces familles se sont retrouvées à la rue. Elles ont erré entre la Gare du Nord, le square Maximilien, et de multiples lieux pour aboutir provisoirement dans des locaux réquisitionnés par la commune d’Ixelles, rue de la Concorde où elles ont passé l'hiver. À Schaerbeek, le même scénario s'est joué avec une dizaine d'autres familles bosniaques, roumaines et slovaques, finalement hébergées par la commune.

Mais ce 31 mars, tout s'arrête... Ces familles vont retourner à la case départ, sûrement à la Gare du Nord    Sans ressources, sans toit, sans statut. Et elles trouveront la case occupée par d’autres familles dans la même situation.

Le comble, c’est que pendant ces quelques mois de répit,  ces familles ont été suivies : enfants scolarisés, inscription comme demandeurs d’emploi, cours de français, démarches pour trouver un travail et un logement avec l’aide d’interprètes et parfois de médiateurs... Á quoi cela aura-t-il servi ?

 

 

Les Rroms seraient-ils en  situation d'exclusion dans l'ensemble de l'Union européenne ?

 

« …La situation des Rroms pose un double questionnement : celui de la discrimination et celui de l’extrême pauvreté, sans doute étroitement liés dans leur cas,

La Commission européenne a invité en avril 2011 chaque État membre à concevoir des “ Stratégies nationales pour l’inclusion des Rroms “. Si l’intention est certainement positive, ces stratégies ne s’attaquent pas à ce que nous révèle la situation de ces familles slovaques en Belgique. Parce que le problème fondamental, voire fondateur - la discrimination - n’est pas au cœur de cette politique ; parce que la question de la demande d’asile intra-européenne n’y est pas abordée ; parce que la question de la grande pauvreté européenne, transnationale, dont les Roms sont les victimes les plus visibles, n’est pas véritablement posée. Parce que focaliser l’attention sur les Roms risque de renforcer les préjugés. Et parce que les États membres d’Europe de l’Ouest, dans un souci permanent de “ gestion des flux “ et “ d’éviter un appel d’air “, entretiennent l’idée que ceux qui viennent d’ailleurs pour assurer leur sécurité, leur subsistance et celle de leur famille sont des profiteurs de l’aide sociale et/ou de faux demandeurs d’asile. » déclarent de concert, Fred Mawet, directrice du CIRÉ (Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Etrangers) et Caroline Intrand, experte politique au CIRÉ

 

Et Amnesty international  de demander  … pour Baia Mare , avant le 3 juillet 2012

 

-d’exhorter la Municipalité  à consulter véritablement les communautés rroms de Craica, Pirita et Garii pour trouver toutes les solutions permettant d'éviter d’autres  expulsions , déterminer les différentes possibilités de relogement, et  veiller à ce que personne ne soit victime de menaces, de harcèlement ou de manœuvres d'intimidation perturbant le processus de consultation .

-de la prier  instamment de faire en sorte que les solutions proposées soient conformes aux normes relatives au logement convenable établies par les droits roumain et international.

1) Maire de Baia Mare : Catalin Chereches

Primaria Municipiului Baia Mare -- Str. Gh. Sincai nr. 37, etaj 1, cam. 9

Fax : +40 262 212 332 et Courriel : primar@baiamarecity.ro

2) copie à  M. Victor Ponta, Premier ministre

Guvernul Romaniei -- Piata Victoriei nr. 1 -- Bucuresti, Romania

Fax : +40 21 313 98 46 et Courriel : drp@gov.ro

3) copie à M.  Sorin Rednic, Préfet de Maramures

Institia Prefectului-Judetul Maramures -- Str. Gheorghe Sincai nr. 46 -- 430311 Baia Mare

Fax : +40 262 213241 et Courriel : prefect@prefecturamaramures.ro

 

 

 

 

 

16:53 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

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