19/10/2012

Théorie musicale -- gamme orientale - gamme tzigane - mode balkanique - mode andalou. (on naît dans une musique, et on l'apprend non pas avec la tête, mais par reproduction de l'entendu).

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L'échelle à double seconde augmentée

Cette échelle est la plus employée en matière d'exotisme. En effet, elle est présente dans différentes cultures (musique arabe, hindoue, russe, hongroise, roumaine, espagnole) selon les formes modales qu'elle prend. C'est pourquoi on a tendance à la désigner sous le nom de « gamme exotique ». Le terme « échelle à seconde augmentée » vient du fait que cette échelle se caractérise par un intervalle de seconde augmentée dans chacun des tétracordes qui constitue l'octave.

les deux formes principales de cette échelle sont la gamme orientale et la gamme tzigane. Les deux formes se distinguant dans le fait qu'elle placent différemment les intervalles de seconde augmentée.

La gamme orientale

Les musiques orientales dans leur ensemble offrent une immense variété de modes, généralement inconnus dans la musique occidentale. Mais c'est surtout cette gamme qu'on associe le plus souvent à l'idée d'Orient dans la musique occidentale. En vérité, la gamme qu'on appelle « orientale » n'est qu'un mode stylisé adaptée à la musique occidentale. Car les modes de la vraie musique orientale se structurent sur une échelle en quart de tons.

Toujours est-il que c'est cette échelle (popularisée par Saint-Saëns et Liszt) fut celle qui fut le plus largement employée dans la musique classique et la musique de film pour évoquer l'Orient.

Cette gamme est une des formes les plus utilisées de l'échelle à double-seconde augmentée. Elle se caractérise par la symétrie de ses deux tétracordes et par ses deux secondes augmentées au milieu de ses deux tétracordes (bémol-mi et labémol-si).

do bémol mi fa sol labémol si do

Intervalles : 1/2 ton - 3/2 tons - 1/2 ton - 1 ton - 1/2 ton - 3/2 tons - 1/2 ton

C'est en effet l'intervalle de seconde augmentée qui confère à cette sonorité ses accents pseudo-orientaux. Et c'est à cause de cet intervalle qu'elle est souvent confondue avec le mode dit phrygien dièse3. La différence étant que ce dernier n'est constitué que d'une seule seconde augmentée. (do bémol mi fa sol labémol sibémol do)

La gamme orientale a en outre la particularité d'avoir deux sensibles. Une sensible traditionnelle ascendante (sido) et une sensible harmonico-modale descendante (bémoldo).

À cause de sa symétrie, le tétracorde supérieur de la gamme peut constituer le tétracorde d'une même gamme transposée à la dominante :

do rébémol mi fa sol labémol si do

sol labémol si do ré mibémol fadièse sol

Mais ce mode a pu être aussi utilisée pour évoquer l'Inde. Cette gamme correspondant aussi à un des modes de l'Inde du nord : Le Bhairava qu'Albert Roussel utilise notamment dans Padmâvatî

Bizet utilisait aussi cette gamme dans un esprit hispanisant dans son opéra Carmen : le fameux thème du destin.

La gamme tzigane

En comparaison, la gamme orientale peut être vue comme le plagal d'un autre mode : la gamme tzigane. C'est pourquoi les deux sont parfois confondues.

Exemple sur do :

do ré mibémol fadièse sol labémol si do

Intervalles : 1 ton - 1/2 ton - 3/2 tons - 1/2 ton - 1/2 ton - 3/2 tons - 1/2 ton

Franz Liszt l'emploie à profusion, notamment dans sa Rhapsodie Hongroise n° 13 en la mineur :

RhapsHong13-incipit.jpg

Mode balkanique

En musique balkanique, le mode le plus utilisé[réf. nécessaire], connu sous moult noms [réf. nécessaire], est le mode de mi, mais avec une 7e majeure[réf. nécessaire]. L'espacement équivaut à ce schéma :

1/2ton - 1ton - 1ton - 1ton - 1/2ton - 1ton et demi - 1/2ton

Par exemple :

  • dans le ton de mi : mi fa sol la si do ré# mi
  • dans le ton de do : do ré♭ mi♭ fa sol la♭ si do

Le mode andalou

Exemple sur do : do bémol mi fa sol labémol sibémol do

Intervalles : 1/2 ton - 3/2 tons - 1/2 ton - 1 ton - 1/2 ton - 1 ton - 1 ton

Proche du mode de mi, dans la musique traditionnelle, le mode andalou se caractérise par la mobilité de son 3e degré pour éviter la seconde augmentée, mais jouant sur l'expression de son renversement la septième diminuée particulièrement dans un mouvement mélodique descendant. Plus rarement le 7e degré peut passer de sous-tonique (à distance de seconde majeure de la tonique), à sensible (à un demi-ton). On retrouve par exemple le mode andalou dans le ballet L'Amour sorcier de Manuel de Falla ou dans le deuxième thème du Boléro de Maurice Ravel.

Il est (enharmoniquement) équivalent au mode phrygien dièse3 (également appelé phrygien dominant ou phrygien majeur) décrit plus haut, constituant le 5e mode de la gamme mineure harmonique.

12:39 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

Commentaires

Merci pour ces explications détaillées !
J'avais besoin de trouver des informations précises et rapidement. C'est chose faite :)

Il y a un petit détail qui me fait douter. Lorsque vous présenter la gamme tzigane vous dites qu'elle est "issue" de la gamme orientale qui peut ainsi être considérée comme le plagal.

Dans l'exemple que vous donnez, nous partons de Sol orientale et nous trouvons Do tzigane. Ainsi le IV degré est Do pour Sol (car Sol pour Do est son Degré dominant et se rattache à la cadence parfaite).

Ne devrait-on pas donc dire que c'est do tzigane qui pourrait être vu comme "le plagal" de Sol orientale ?

Je peux me tromper évidemment.

Cordialement

Écrit par : Gohu | 24/04/2013

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