10/11/2013

L'expulsion du Gesu -- Mihail

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Témoignage :
Je me suis présenté à la police faisant barrage, comme médecin travaillant à médecin du monde, soit la rue d’en face à la rue du Botanique. J’ai proposé mes services car connaissant la plupart des personnes venant aux consultations de médecins du monde. Soudain on m’a appelé pour urgence, soit une femme ayant perdu connaissance. Elle habitait au dernier étage du bâtiment. En montant 4 à 4 les couloirs obscurcis par la nuit, j’ai entendu des cris et des bruits comme des portes que l’on enfonce. Malgré ma montée rapide avec mon sac à dos médical, je puis dire que c’était cauchemardesque. La patiente a été soignée, entretemps la croix rouge et le SMUR sont arrivés après pour venir constater. Je précise que c’est l’émotion qui a causé la pathologie, et non la violence physique des policiers, mais il est un fait que la chambre familiale, où elle habitait était sans dessus dessous….. Lors de l’évacuation des personnes, les camionnettes de police étaient disposées dans la rue de telle façon que la presse ne pouvait filmer la sortie menottée de certains habitants (je l’ai vu).
Les habitants ont ensuite été évacué vers le centre de » tri » d’une salle de gymnastique , là l’ambiance était plus calme. Un jour avant l’évacuation du Gésu, il y en avait environ 220 habitants au Gésu, ensuite dans cette salle, il y en avait environ 112. Il est à signaler que depuis la nuit de cette évacuation le temps a été pluvieux et froid.
J’ai retrouvé ensuite certains habitants du Gésu à l’adresse de rue royale (SAMU Social –plan hivers ) et les femmes et les enfants et au SAMU center rue du petit rempart. 
Interdiction d’entrer sauf les rescapés du naufrage. Après avoir attendu une demi heure, et parce que j’ai réclamé que personne ne s’occupait de mon problème. Un monsieur que je ne connaissais pas J’ai proposé mes services au titre que je connaissais bien les patients venant consulter à médecin du monde près du squat. L’infirmière de la maison était trop occupée pour me saluer, une jeune aide- infirmière stagiaire, m’a confié qu’il y avait beaucoup de problèmes. Je lui ai répondu que s’il y avait un décès, le SAMU en serait responsable, à savoir aussi qu’un médecin du SAMU, passait de temps en temps les mains dans les poches, suivant les dire de la seule soignante rencontrée. 
Suite à ces contacts, j’ai rencontré pendant 1 min le (ou 1) coordinateur au SAMU qui m’a dit qu’on me contacterait au plus vite pour organiser une consultation médicale. Il m’a aussi maugréer entre ses dents que le sort de ces gens était problématique à partir du 15 novembre, date à laquelle les locaux ne serait plus disponible.
Conclusion : Sur les 220 personnes du squat, 112 sont passées jusqu’au 15 nov 2013 au SAMU, le reste est dans la rue, et une minorité à Fédasil ou déjà en centre fermé quelque part en Belgique. 
Monsieur Emir Kir, responsable des opérations a promis une dizaine de logement + 1 en réfection.
 
Le 16 novembre 2013, beaucoup de femmes, femmes enceintes, enfants, vieillards, malades, seront à la rue sous le vent, la pluie et les frimas de l’hivers naissant. Mihail
 
 
 
 
En la date du 8 mai 2014, je puis dire que le problème de l'expulsion est loin d'être résolu, malgré tout l'effort des bonnes volontés des différents organismes, et de 2 avocats très connus pour la défense des droits de l'homme. Ainsi,   beaucoup de familles se retrouveront à la rue, maintenant.
 
Le combat continue pour une justice humanitaire, et les organismes se démènent pour trouver des solutions (nourriture, logement, scolarité, travail)
 
 

12:16 Écrit par Mihail Basremaskro'onko | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! | | |

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